Londres

The tube

Une jeune femme
Brune
Flip flop
Sac blanc
Regard perdu
Dans son ipod

Un hippie
Vieux druide
Tee shirt
Orange fluo
‘Patronada des déportés’
Lisant

Un homme âgé
En costume
Assoupi
Tenant son sachet Debenhams
Cheveux blancs
Montre et bague en or

Tout de noir
La grande barbe blanche
Respect de cet homme juif
Rabbin

Une place libre
Une femme couverte
Niqab
Belle Musulmane
Henné sur ses mains

Et cet homme
Plein de jeunes
Des tattos sur ces bras
Peut-être gay
Musclé et bronzé

Et voilà Londres
Face à moi
Dans le métro
Sur la Northern Line
Six minutes
Et mon esprit
S’emplit
De ces cultures
De ce melting pot
Qui co-habitent
L’instant d’un trajet

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Londres

Sous mes yeux

Sous mes yeux
Se déroulent
Stations après stations
Le cercle rouge
Et la bande bleue
Métro Londonien
Les regards dans les journaux
Amy Winehouse en couverture
Le vide
Les écouteurs
Dans les oreilles
Et Damien Rice
Qui pertinament
Change
« Can’t take you out of my mind »
Suivie
De Laura Marling
« He wrote »
Les carrés sur les siéges bleus
Les piliers jaunes
Je ne sais plus qui soutient qui
Changement
Stockwell
‘Mind the gap’
Pertinament.


@DamienRice


@LauraMarling

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Santé

Maladie

Je m’appauvris
Je m’adoucis
Je m’assoupis

J’écris
Je ris

Je détruis
Je survis
Je je je
Suis
Si tourmentée
Si appauvrie
D’énergie
Mal nourris
Je vomis
Je maigris

Corps meurtri
Visage tumifié
Âme ensanglantée
Je m’engage et m’enrage

Embrasse moi
Tiens moi
Supplie moi

Paupières lourdes
Yeux scintillants
Je lutte
Te retrouver
Vous?
Où?

Prends-moi
Serre moi
Etouffe moi
Fais moi oublier
Cette lassitude
Cette habitude
De tout casser.

Roulette russe
Lotterie du bonheur
Ou du malheur
Décision
Jouons
Justification
Toi moi nous
Folie

Ne pas penser
Serre moi
Ecoute moi
Tiens moi
Etouffe moi
Embrasse moi

Mars 2011

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Santé

Alzheimer

Petite homme
Grand esprit
Ratatiné sur ta chaise
Peau grise
Contradictions
De tes moments de tendresse
Avec ton avarice

Tes jugements
Tes valeurs
Dans un contexte
De refugié de guerre
De pauvreté
Hérédité de culpabilité
La télé allumée
Peu de choses à se dire
Quelques mots seulement

Et ce tapis
Donné dans un élan
De générosité
Qui m’a tant touchée

Je te lave les pieds
Toi, sur ta chaise roulante
Silencieux
Les yeux perdus dans le vide

Mon enfant
Coloriant le lino
De cette hospice
Maison de retraite
Maison des mourants

Et cette jolie dame
Au beau sourire
A la couronne grise
Se regarde dnas le miroir
De l’ascenseur
Poussant tous les boutons

Et me suppliant
De l’aider a changer
les chaînes de cette télévision
Qui ne reflétait que sa démence
Courte explication
cette ascensur n’est pas un écran
Je la guide à l’étage
De la télévision
Me remerciant
Abondament
On se quitte

Information, orientation
Qui restera suspendue
Car deux heures après
Je la retrouve
Son sourire un peu fatigué
Me demandant de changer les chaînes
De la télévision

Car elle en assez
De regarder
Cette jolie dame
Au beau sourire
A la couronne grise

Immortaliser dans ma mémoire
Elle par son alzheimer
Moi par mes attaques
Et me voila
Questionnant
Songeant
Qu’elle avait été sa vie
Ses amants, ses enfants

Existentialisme
La vie, son but
De la mort, de la vieillesse

Confondu par un corps et son cerveau
Qui fonctionne au ralenti
J’observe en me demandant
Ce qui est important de retenir
Quels souvenirs faut-il vivre
Pour survivre
L’immobilité

Bref….
Quand l’ascenseur deviendra une télévision

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