Santé

Alzheimer

Petite homme
Grand esprit
Ratatiné sur ta chaise
Peau grise
Contradictions
De tes moments de tendresse
Avec ton avarice

Tes jugements
Tes valeurs
Dans un contexte
De refugié de guerre
De pauvreté
Hérédité de culpabilité
La télé allumée
Peu de choses à se dire
Quelques mots seulement

Et ce tapis
Donné dans un élan
De générosité
Qui m’a tant touchée

Je te lave les pieds
Toi, sur ta chaise roulante
Silencieux
Les yeux perdus dans le vide

Mon enfant
Coloriant le lino
De cette hospice
Maison de retraite
Maison des mourants

Et cette jolie dame
Au beau sourire
A la couronne grise
Se regarde dnas le miroir
De l’ascenseur
Poussant tous les boutons

Et me suppliant
De l’aider a changer
les chaînes de cette télévision
Qui ne reflétait que sa démence
Courte explication
cette ascensur n’est pas un écran
Je la guide à l’étage
De la télévision
Me remerciant
Abondament
On se quitte

Information, orientation
Qui restera suspendue
Car deux heures après
Je la retrouve
Son sourire un peu fatigué
Me demandant de changer les chaînes
De la télévision

Car elle en assez
De regarder
Cette jolie dame
Au beau sourire
A la couronne grise

Immortaliser dans ma mémoire
Elle par son alzheimer
Moi par mes attaques
Et me voila
Questionnant
Songeant
Qu’elle avait été sa vie
Ses amants, ses enfants

Existentialisme
La vie, son but
De la mort, de la vieillesse

Confondu par un corps et son cerveau
Qui fonctionne au ralenti
J’observe en me demandant
Ce qui est important de retenir
Quels souvenirs faut-il vivre
Pour survivre
L’immobilité

Bref….
Quand l’ascenseur deviendra une télévision

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One in a million

Tu pensais être ‘one in a million’ et soudain tu te retrouves ‘one amongst a
million’ et la dépression te frôle et te prend. Ds tes accès de colères tu te
débas. Tu batailles pour être ce ‘one in a million’. Te distinguer pouvoir être
adule par des millions. Mon amour n’a jamais pu être a cet hauteur. Des
millions de personnes, ton rêve de pop star déchue, remplacé par celui de
réalisateur. Quel prétension avais-je de penser que je te serais suffisante. 
14 ans après, finalement rien a changé. 
Te quitter, se quitter pour mieux se respecter? Peut être? 

Et moi, j’entendais dans mon enfance ce refrain, qu’il fallait tout faire pour
être ‘one amongst a million’. Se distinguer discrètement, se plaire et
complaire aux plaisirs de l’autre. Est ce pour cela que tu m’as plu? De
courage et d’opportunisme, certain de tes convictions. Tu allais etre ce ‘one
in a million’ et moi à tes côtés, je vivrais de tes fantasmes, trop lâche ou trop
effrayé de me distinguer. Ce désir latent, caché, humain et honnête que tu
proclamais, la tête haute de vouloir être ce ‘one in a million’.
Cette admiration de ton honnêté, je suis tombée.

Alors on est là. Triste spectacle de ce couple qui ne sait plus s’apprécier, qui
ne sait plus si ils s’aiment et comment se ré-aimer. 
On se lance la faute, toi comme si tu jouais au squash. Moi plus fatiguée, je
ne réagis plus, autre façon, passivement tout aussi aggressive que toi, car je
n’ai plus la force alors j’innonde mes amitiés de larmes et colères. 

Notre chance de s’arrêter pour regarder ce qu’on a, mais le spectacle de
mon cerveau semble avoir achevé et assassiner ton rêve. Une semaine et
ce moment inoubliable, mais irréel car finalement n’étant pas le reflet de tes
pensées quotidiennes, tu m’avais demandé quand tu m’as chercher à ce
café après ce diagnostique et tu m’as dis: “Ne me quitte pas”. Et je ne
comprenais pas pourquoi tu me disais cela. Et pourtant et pourtant…je suis
si loin d’être cette espérée dont tu as tant rêvé. 

Toi: One in a million
Moi: One amongst a million
Et Éloïse: The one in a million.

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